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Rentrée scolaire : la vraie raison pour laquelle vos enfants viennent frapper chez nous

2 sept.
3 min de lecture


Rentrée scolaire : la vraie raison pour laquelle vos enfants viennent frapper chez nous

Chaque année, c'est le même calendrier. Rentrée de septembre, ou dans les six mois qui suivent : le téléphone sonne, les mails arrivent, les mamies accompagnent leur petit-fils "parce qu'il veut essayer la boxe". On sourit, on accueille, on inscrit. Et on sait déjà, la plupart du temps, ce qui se cache derrière ce mot un peu pudique : une passion.

Sauf que non. Un gamin de 10 ans ne se réveille pas un matin avec l'envie irrépressible de prendre des coups dans la figure. Ce qu'il vient chercher, ce n'est pas la douleur — c'est de ne plus avoir peur. Et ça, aucun formulaire d'inscription ne le dit noir sur blanc, mais nous, on le lit très bien entre les lignes.

Jour 2 de la rentrée. On connaît la chanson.

Hier encore, un des enfants de la maison est venu me voir : "Papa, faut que tu m'aides, le gamin de la voisine a un problème…" Je n'ai même pas eu besoin qu'il termine sa phrase. Jour 2 de la rentrée. Établissement privé, huppé, hors de prix — pas un collège de quartier qu'on pointe du doigt trop facilement dans les médias. Non. Le genre d'établissement qui vend de la réussite et du savoir-vivre sur ses plaquettes.

Bingo, à chaque fois.

Alors j'ai fait ce qu'on fait depuis toujours : donner la marche à suivre, dans l'ordre, en sachant très bien qu'une bonne partie ne servira strictement à rien face à l'inertie administrative. Et en dernier point, celui qui compte vraiment : l'adresse du club.

Le grand écart entre les discours et le terrain

On a tous vu les campagnes. Les ministres qui posent devant une affiche "Non au harcèlement". Les éditos dans la presse régionale qui s'émeuvent une fois par an, généralement après un drame. Les éditos qui ferment le sujet aussi vite qu'ils l'ont ouvert.

Et pendant ce temps, sur le terrain, en dehors des grandes déclarations ? Nos gosses sont seuls. Complètement seuls. Isolés dans une cour de récré, dans un couloir, dans un groupe WhatsApp qu'ils n'osent même plus ouvrir le soir. Personne ne vient. Personne ne voit. Ou pire : tout le monde voit, et personne ne bouge.

On ne vient pas ici pour apprendre à démolir qui que ce soit

Soyons clairs, une bonne fois pour toutes : le CS Muay Thai n'est pas une usine à petits durs. On n'apprend pas à nos enfants à "marbrer" qui que ce soit. Ce serait passer à côté de tout ce qu'on essaie de construire.

Ce qu'on travaille, en réalité, c'est beaucoup plus fin que ça — et beaucoup plus difficile. C'est ce que le psychiatre Stephen Karpman a théorisé il y a des décennies avec son fameux triangle dramatique : Victime, Bourreau, Sauveur. Trois rôles dans lesquels on s'enferme, qu'on rejoue sans même s'en rendre compte, et qui piègent tout le monde — l'enfant harcelé le premier.

Le travail qu'on fait sur le tatami, ce n'est pas de transformer une victime en bourreau. C'est de lui apprendre à sortir du triangle. À se tenir debout, autrement. À ne plus avoir besoin d'attendre un sauveur, parce qu'il a désormais les ressources en lui. Le respect qu'on lui redonne dans sa posture, dans son regard, dans sa façon d'occuper l'espace — ça, aucun protocole administratif ne le lui rendra jamais aussi vite qu'un tapis et un coach qui croit en lui.

Ce qu'on voit, chaque année, sans exception

Chaque année on a nos habitués de circonstance. Des gamins, des parents, qui passent quelques mois chez nous — pas pour devenir champions, pas pour une carrière sportive, juste pour se reconstruire. Pour apprendre comment on change, pour ne plus jamais avoir à subir. Et souvent, on ne les revoit plus après — et c'est très bien comme ça. On n'a pas besoin de les garder pour mesurer qu'on a servi à quelque chose.

Force et honneur. Pas "tous sur un".

Ici, la devise n'est pas négociable : force et honneur. Pas "un pour tous, tous sur un". On ne fait pas de meute. On ne fait pas de curée. Et si un jour, vraiment, c'est tous contre un — alors ce sera David contre Goliath. Et on sait très bien, nous, de quel côté on se tient.

Si votre enfant traverse ça — silencieusement, comme ils le font presque toujours — la porte du club est ouverte. Pas pour apprendre à cogner. Pour apprendre à se tenir debout.

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