Le mongkon, bandeau sacré du Muay Thai
Avant le premier coup, il y a un geste. Le coach pose un cercle de tissu tressé sur la tête de son combattant, murmure quelques mots, puis le boxeur monte sur le ring. Ce cercle, c'est le mongkon. Pour le public, c'est un accessoire. Pour ceux qui pratiquent, il concentre tout ce qui lie un boxeur à son camp.
Un objet qui appartient au camp
Le mongkon se présente comme une corde enroulée dans du tissu, fermée en couronne, avec deux pans qui retombent à l'arrière. Beaucoup sont bénis, parfois par un moine, et certains renferment un tissu portant des inscriptions protectrices.
Le point essentiel : le combattant ne s'en empare pas lui-même. Il le reçoit de son kru, son professeur. Le mongkon représente le camp, l'enseignement transmis et la protection accordée. Un boxeur qui change de camp ne part pas avec.
Le rituel autour du combat
Le kru place le mongkon sur la tête du boxeur juste avant l'entrée sur le ring. Le combattant le garde pendant le wai kru ram muay, la danse d'hommage à ses maîtres. Une fois la danse terminée, le coach le retire avant le premier round.
Pendant le combat, seuls les prajiad restent : ces brassards noués autour des biceps jouent un rôle proche, celui de porte-bonheur et de lien avec le camp.
Les règles de respect
Le mongkon suit la logique thaïe qui fait de la tête la partie la plus haute et la plus respectée du corps. Plusieurs usages en découlent :
on ne le pose jamais au sol et on ne l'enjambe pas ;
on le range en hauteur, à l'écart du matériel d'entraînement ;
on le manipule par le dessus, avec soin ;
traditionnellement, le boxeur qui le porte entre sur le ring en passant par-dessus la corde du haut.
Ces règles ne relèvent pas de la superstition décorative. Elles rappellent au combattant qu'il représente plus que lui-même en montant sur le ring.
Mongkon de couleur : une invention occidentale
En Europe, certaines écoles et fédérations utilisent des mongkon ou des prajiad de couleur pour marquer un niveau, un peu comme les ceintures du judo. Ce système n'existe pas dans les camps traditionnels thaïlandais, où le mongkon ne mesure aucun grade.
Les deux pratiques peuvent coexister. Il vaut simplement mieux savoir laquelle on a devant soi, pour ne pas confondre un bandeau de passage de grade avec l'objet rituel.
Article rédigé par Cédric Fernandez, coach à CS Muay Thai Tucquegnieux.
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